Lorsqu’on vit en Anjou, on ne s’imagine pas la puissance et l’influence qu’a pu avoir cette province dans l’histoire de France et de l’Europe. C’est par ma passion de la confiserie et de l’histoire, que j’ai découvert qu’un personnage revenait régulièrement dans les spécialités sucrées régionales. Un personnage bien de chez nous : le bon Roi René.

 

Le Roi René

Le roi René 1er d’Anjou (1409-1480), Duc d’Anjou, était aussi Duc de Lorraine, comte de Provence et Roi de Sicile et de Naples.

C’était l’un des personnages les plus importants de son époque. Beau-frère de Charles VII, compagnon de Jeanne d’Arc, oncle maternel de Louis XI, beau-père du Roi d’Angleterre, il est connu pour son amour des arts et des lettres qui fera de lui l’un des plus grands mécènes de son temps.

A l’origine de trois spécialités sucrées régionales

Il a fortement marqué les territoires qu’il a administré.

La Lorraine en particulier lui doit trois de ses principaux symboles : la croix de Lorraine qui est en fait la croix d’Anjou, le chardon lorrain (plante épineuse ramenée d’Anjou) que l’on retrouve encore aujourd’hui sur le blason de Nancy et enfin la mirabelle. Le fruit aurait été importé du Caucase en Provence par le roi René puis de là serait arrivé en Lorraine.

Il a également laissé une forte empreinte en Provence  et en particulier à Aix-en-Provence où il a fini sa vie.

Son influence se remarque aujourd’hui dans les noms des rues, restaurants, hôtels, … mais aussi dans la confiserie locale.

Sans Roi René, pas de bergamote de Nancy (c’est lui qui a introduit la bergamote à Nancy à partir de ses possessions italiennes), pas de chardon de lorraine (boule de chocolat à la liqueur), pas de calisson d’Aix. Selon la légende, le calisson fut inventé par le cuisinier du roi René lors du mariage en secondes noces de son maître avec Jeanne de Laval et importé par celui-ci à Aix-en-Provence.

Le Calisson d’Aix

Si le Roi René est à l’origine des trois confiseries, la prime à l’ancienneté revient aux calissons puisqu’ils sont LA spécialité d’Aix-en-Provence depuis le 15ème siècle. Pour les fabriquer, les ingrédients utilisés sont tous provençaux. Selon la tradition, la recette du calisson est d’un tiers d’amandes, d’un tiers de sucre et d’un tiers de melons confits saupoudrés d’oranges confites. D’une finesse et d’un goût incomparable, les calissons sont aujourd’hui une des spécialités les plus connues de France.

Vidéo : la fabrication du calisson

https://www.youtube.com/watch?v=YfSma91hRD0

 

Le chardon lorrain

Cette plante épineuse introduite par René D’Anjou, symbole de la vertu protégée par ses piquants, a aussi donné son nom à une spécialité sucrée lorraine qui est aujourd’hui fabriquée aussi bien à Nancy qu’à Metz. Le chardon de Lorraine a été inventée en 1850 par un confiseur de Nancy en hommage à l’emblème de la ville et de la Lorraine.

La fabrication des chardons de Lorraine utilise la technique dite « à l’amidon ». Elle consiste à cuire un sirop de sucre alcoolisé (à la mirabelle, cerise, framboise…), qui est ensuite coulé dans de l’amidon. De petites boules de sucre cristallisé renfermant de l’alcool apparaissent alors. Elles sont ensuite finement enrobées dans une couverture de chocolat, dont la coloration indique le type d’alcool que le chardon renferme : le jaune est à la mirabelle (vous savez, le fruit importé par le Roi René), le vert à la chartreuse, le rose à la framboise, le blanc au marc de Lorraine, …

Vidéo : la fabrication du chardon de Lorraine

https://www.lci.fr/societe/le-chardon-de-lorraine-un-bonbon-difficile-a-produire-2081788.html

 

La bergamote de Nancy

La bergamote de Nancy est un bonbon carré, plat, doré et translucide au bon goût de Bergamote. Inventée en 1850, la Bergamote de Nancy a été le premier bonbon de France à obtenir le label IGP, Indication Géographique Protégée.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter mon précédent article (avec vidéo) entièrement consacré à la Bergamote de Nancy : https://terresdebonbons.com/la-bergamote-de-nancy

Article publié le 10 novembre 2020

Certains lecteurs ont souhaité apporter quelques précisions sur cet article.

  • Merci à Martin : « René n’a pas été Roi de Sicile et de Naples (en même temps). Il a hérité, par adoption, du royaume de Naples auquel était associé la titulature de Roi de Jérusalem (par héritage des Normands…). En 1442, ayant perdu Naples dans une guerre contre Ferdinand d’Aragon, il a perdu le titre de Roi de Naples, mais, le Pape ayant confirmé son état, a souhaité garder le titre de roi de Sicile (il faut se souvenir qu’on parlait alors du Royaume des deux Siciles : l’une étant l’île elle-même, l’autre le sud de l’Italie) et celui de Roi de Jérusalem associé. René a donc été d’abord Roi de Naples et de Jérusalem, puis, de 1442 jusqu’en 1480 date de sa mort, Roi de Sicile et de Jérusalem, même si ces titres ne correspondaient à aucun territoire réel. Lorsqu’on parle du Roi René, on évoque le plus souvent son royaume de Sicile (exemple à Paris la rue du Roi de Sicile qui doit son nom à son Hôtel particulier) – source : Biographie du Roi René, par Jean Favier, 2008 – Fayard »

  • Merci à Chantal : « Et sans le Roi René, mécène et protecteur des arts, la ville d’Aix-en-Provence ne posséderait pas en sa cathédrale Saint-Sauveur, le chef d’œuvre peint en 1476 par Nicolas Froment, le triptyque du Buisson Ardent. »

Le Roi René et la confiserie régionale

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